La solidarité pour créer du « Vivre ensemble »

Dans un système mondial en crise où sont questionnés de façon assez radicale les rapports au progrès et à l’avenir, les rapports aux biens et à l’argent, le rapport à la consommation, quels sont les chances et risques de nos pratiques de solidarité pour l’émergence d’un système économique et social plus humain et plus juste ?

Quand l’être humain est considéré seulement comme un ensemble de besoins à satisfaire, le développement se réduit à de la croissance économique. Par contre, quand l’humain est approché par sa capacité créatrice et sa contribution à un projet d’ensemble, le développement nécessaire devient aussi un projet social, environnemental, culturel, politique, et non plus seulement économique. C’est le développement intégral de tout l’homme et de tous les hommes.

La vie n’est pas conçue uniquement en termes de développement individuel de la personne, mais elle acquiert également une dimension collective : Il s’agit de construire du vivre-ensemble.

En cela se pose la question du regard sur l’autre, y compris dans sa dimension économique. Comment voir dans « l’ignorance » un autre savoir faire ? Comment voir dans « l’incompétence » une autre forme de compétence ?

Si l’on raisonne en termes de développement humain, de partage de compétences, de formation, une vraie réciprocité peut s’instaurer peu à peu dans l’échange. Un partenariat vécu comme lieu de formation pour tous dans « le travail avec d’autres …..». Comment passer d’une conception « occidentale » à des modes pluriels ?

Sans doute serait-il indispensable de faire émerger de nouvelles manières de penser le développement et la solidarité, sortir d’une forme d’assistanat pour aller vers une solidarité qui valorise l’autre comme acteur de son propre développement. C’est la capacité créatrice de l’humain au service d’un projet d’ensemble qui est à privilégier.

Plus que la prise en compte des projets réalisés, il faut valoriser le type de relations créées, leur durée, l’auto-prise en charge des bénéficiaires, la co-responsabilité produite, le partenariat, l’impact dans la localité, quelle place faite à la capacité créatrice de chacun. Reconnaître les pas faits, même petits, par ceux qui sont les premiers acteurs de leur développement…..Soit ils reproduiront le modèle économique occidental, soit ils inventeront de nouvelles manières de faire.

Pour évaluer la pertinence de nos choix il est bon dans faire une relecture: réduisent-ils les inégalités et contribuent-ils à faire advenir une plus grande justice ? Le projet répond-il bien à des besoins réels ? Est-il accepté et porté par toutes les parties ? Permet-il aux personnes de grandir et d’être autonomes progressivement ? Induit-il un changement de mentalité dans la population ?

Bien sûr nous rencontrerons des difficultés du fait de deux mondes culturels et économiques qui veulent marcher ensemble, l’un qui a tout et tout de suite et celui qui vit au jour le jour, et donne du temps au temps. Comment apprendre à se connaître et à se reconnaître  mutuellement, autrement qu’en termes d’inégalité économiques ou technologique….Des différences sont à accepter par les deux parties autour de la méthodologie, de l’organisation, de la gestion….

Faire en sorte que le développement, la justice, la dignité de tout homme, de toute femme progressent pour établir une relation de réciprocité permettant à chacun de percevoir un horizon d’avenir.

J’ai conscience des limites de cette approche qui n’a d’autre but que de donner à penser pour inventer demain.

B.J.

Catégories : Ressources

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