Projet accompagné par Sr Bernadette, en partenariat avec Sr Colette
A Copargo, au nord Bénin, les Sœurs des Campagnes y vivent depuis 2000. Elles ne se contentent pas de rester dans ce gros bourg, qui s’est bien développé car situé au carrefour de routes et de pistes.
C’est bien dans la vocation des Sœurs des Campagnes d’aller rencontrer les villageois sur leur lieu de vie pour mieux les connaitre et dialoguer avec eux et essayer de contribuer avec eux à leur développement, en particulier avec les femmes.
Chaque année, Sœur Bernadette organise des sessions sur des thèmes différents. En voici quelques-uns : « Comment éviter les maladies (hygiène) », « Eviter l’exode des jeunes » etc…
Après avoir prévu la rencontre, soit avec l’animateur du village, soit avec le catéchiste, elle part avec chauffeur, traductrice, cuisinière. La piste est chaotique ou sableuse, pas facile de s’y rende, c’est parfois à une heure trente de piste ! …
Elle applique des pédagogies adaptées à l’analphabétisation. « Former pour transformer, à partir de sketches que les villageois jouent et de questionnement, ou avec un support d’images.
Voilà ce que dit Sr Bernadette du vécu de l’année 2025 :
« Nous avons essayé comme les années antérieures, de constituer deux sketchs pour susciter des questions de débats afin d’éveiller la conscience des villageois en ce qui concerne la scolarisation de leurs enfants.
Nous avons pris exemples de deux familles :
*Une qui a le soucis, veille et investit pour l’éducation de leurs enfants à l’école. En fin d’année les enfants présentent de bons résultats à leurs parents. Et c’est la joie pour toute la famille.
*Une autre, c’est le contraire. Les parents ne s’inquiètent même pas de l’éducation de leurs enfants, ils sont laissés à eux-mêmes. Les enfants vont à l’école que si eux-mêmes se décident d’y aller. Et s’il arrivait qu’un voisin interpelle un parent de ces enfants, il lui répond : l’enfant ne veut pas y aller je ne vais pas le forcer.
Malheureusement en fin d’année les enfants reviennent tous tristes à la maison, pendant que leurs camarades de classe passent en classes supérieures et se réjouissent de leur réussite.
Débat :
- Est-ce que ça se passe comme cela chez nous ?
- Pourquoi c’est comme cela ?
- Vous les parents, avez-vous eu la chance d’être scolarisés ? il n’y avait pas des écoles dans vos villages et pour d’autres raisons ? Il fallait donc quitter la maison et aller habiter loin de vos parents et c’était compliqué, je vous comprends.
- Mais aujourd’hui ce n’est plus le cas, les écoles sont construites dans nos quartiers pas loin de nos maisons ; c’est donc une chance pour vos enfants.
- Que peut-on faire ?
- Si nous aimons vraiment nos enfants, le plus beau cadeau que nous pouvons leur faire c’est de suivre l’exemple du premier sketch.
- Aidons nos enfants aujourd’hui, nous contribuons à leur épanouissement pour qu’ils nous viennent en aide quand nous n’aurons plus de force.
Vingt villages ont été visité et nous avons rencontré 603 personnes cette année. Maintenant, les hommes y participent.
La cuisinière prépare un repas en partie avec ce que les villageois auront apporté ou cotisé. Et là on continue de discuter dans une ambiance sympathique… »
L’APRI a compris l’importance de soutenir un tel projet qui permet aux villageois, à partir d’un dialogue, d’être auteur et acteur de leur développement. Chaque année, elle rémunère le déplacement, l’animatrice, traducteur et cuisinière. Merci aux donateurs !



0 commentaire